Lettre d’informations N°17 - Janvier 2012

mercredi 1er février 2012



 Sommaire

-  L’éditorial  de Charles Vieudrin

- Actualité  : L’EPRA en danger

- Zoom  : Radio R-DWA

- Agenda



EDITORIAL

par Charles Vieudrin , vice-président de la CRANC-RA


Mes vœux pour 2012 : participez et faites participer
 
Si je vous dis « participation », vous pensez sans doute à cette année 2012, riche en élections capitales où il sera une fois de plus question du taux de participation. Vous n’avez pas tort. Mais c’est aussi des médias dont je veux vous parler. La Confédération des Radios Associatives Non Commerciales de Rhône-Alpes rassemble des radios associatives qui offrent une alternative aux radios commerciales, mais elles sont aussi des médias participatifs. Un qualificatif souvent ignoré qui fait notre originalité dans le paysage médiatique. Des radios dans lesquelles, les auditeurs peuvent devenir acteurs. Des radios qui savent faire partager leur expérience et l’enseigner auprès des jeunes générations…

Mais revenons aux élections pour bien s’imprégner des taux de participation aux récentes élections. Pas pour se lamenter, mais pour que chacun voit comment à sa façon il peut agir pour que les citoyens s’intéressent et prennent part aux décisions qui les concernent. Comment chaque radio peut appliquer le principe si galvaudé de « Démocratie Participative ». Quelques chiffres pour se faire peur. Taux de participation aux élections européennes de 2009, 40.63 % ; au 1er tour des régionales de 2010, 46.33 % ; au 1er tour des législatives de 2007, 60.44 % ; au 1er tour des présidentielles de 2007, 83.77 (mais seulement 71.60 % en 2002) ; et enfin, au 1er tour des municipales de 2008, 66.54 %. Et si en 2012, nos radios plutôt que de donner tour à tour la parole aux représentants des partis, bâtissaient un programme visant à améliorer le taux de participation aux élections. Un travail colossal qui sans doute nous dépasse, mais auquel nous pouvons essayer de participer.
En ce qui concerne notre mission « participative », je retiendrai seulement quelques exemples en direction de la jeunesse. Nous accueillons des collégiens de classe de 3ème en stage de découverte. Beaucoup m’ont fait part du refus des médias locaux, souvent bien mieux armés que nous en personnel d’encadrement. Qui va animer des ateliers radio dans les lycées ou les collèges, qui initie des jeunes aux techniques radiophoniques et même leur confie un créneau d’expression musicale ou autre ? Oui, les radios associatives sont bien les championnes de la participation !

Charles VIEUDRIN



ACTUALITES


L’EPRA EN DANGER

L’an passé, l’EPRA a été renouvelé pour un an, sauvé in extremis dans son existence, mais touché de plein fouet par des réductions budgétaires drastiques. Aujourd’hui, le GIP EPRA sans président, attendant l’adoption d’un budget prévisionnel 2012, ne peut plus assurer l’achat de nouveaux programmes aux radios.

Mardi 17 janvier, le SNRL et la CNRA, unis, ont souhaité alerter les ministres du gouvernement par cette lettre :

Monsieur le Ministre,

Les deux organisations représentatives des 650 radios associatives françaises, la Confédération nationale des radios associatives et le Syndicat national des radios libres souhaitent attirer votre attention sur la situation très grave qui est celle aujourd’hui du Groupement d’intérêt public EPRA (Échanges et Productions Radiophoniques).

Créé à l’initiative du Ministre des Affaires sociales, l’EPRA conduit depuis 20 ans une mission d’échange et de diffusion mutualisée de programmes radiophoniques entièrement dédiés aux thématiques, hier de l’immigration, de l’égalité des chances, et de la lutte contre les discriminations, aujourd’hui de la politique de la ville.

En diffusant chaque semaine sur l’ensemble de son réseau de 170 radios membres, plusieurs heures de programmes sur ces thématiques (647 heures en 2011), l’EPRA constitue un outil d’information, d’expression citoyenne et de sensibilisation des publics au service du mieux vivre ensemble.

Ce travail qui exploite la production de plus de 2000 auteurs et qui a permis de doter l’Etat d’un fonds sonore mémoriel de plus de 10 000 heures de programmes est aujourd’hui menacé au motif d’arbitrages budgétaires.

En effet, après avoir subi en 2011 une baisse de budget drastique qui a conduit au licenciement de plusieurs salariés du GIP, après que la réunion statutaire qui aurait dû adopter le budget prévisionnel du GIP pour l’exercice 2012 a été annulée et repoussée à une date ultérieure non déterminée, et constatant qu’à ce jour aucun président n’a été nommé suite au départ de Monsieur Richard Senghor, nous venons d’être informés par la direction du GIP de l’arrêt immédiat d’acquisition de nouveaux programmes.

Cette situation est lourde de conséquences à plus d’un titre :

Elle menace l’économie de nos médias, en les privant de la ressource financière de la vente de programmes
et au-delà parce qu’elle les prive d’un levier pour le cofinancement de leurs projets politique de la ville.

Elle impacte directement leur financement dans le cadre de la subvention du FSER (fonds de soutien à l’expression radiophonique) puisque l’un des critères retenus pour l’attribution de la majoration concerne les actions que nous menons dans le cadre de l’intégration et la lutte contre les discriminations.

Elle limite le champ d’action de nos radios qui trouvaient via l’EPRA une économie de production pour mener des opérations de formation et de sensibilisation des jeunes aux NTIC dans les quartiers « politique
de la ville », en même temps qu’elle prive de parole les habitants des quartiers difficiles.

Enfin elle menace des centaines de collaborateurs, bénévoles et salariés, impliqués dans nos structures et
pour lesquels les productions EPRA ouvrent des droits d’auteurs. D’ores et déjà, nous déplorons des
licenciements en cours…

Aussi préoccupante que soit la situation, nous n’entendons pas, à priori, nous situer dans un rapport de force. Les représentants des radios qui siègent au Conseil d’administration de l’EPRA sont depuis la présidence, il y a six ans, de Monsieur Jacques Toubon, force de proposition et ont à coeur de contribuer aux côtés des ministères, au développement de cette structure.

Le travail accompli lors des deux derniers mandats pour repositionner l’EPRA, et plus récemment, depuis la prise de fonction du nouveau directeur Joël Rakotomalala pour moderniser les fonctionnalités de l’outil, ont permis de dégager des options qui augurent de réelles opportunités pour valoriser et développer cette offre originale. L’EPRA irrigue loin des projecteurs (ceci explique peut être cela) mais reste à n’en point douter un formidable outil au service de la cohésion sociale, qui de par la proximité et le maillage qu’il propose n’a aucun autre équivalent au monde.

C’est dans cet esprit que nos deux organisations et les sept représentants des radios élus au Conseil d’administration de l’EPRA par l’ensemble des radios membres du GIP vous demandent solennellement, Monsieur le Ministre, de prendre les mesures nécessaires à la reprise sereine des activités de l’EPRA pour cette année et à favoriser la mise en place pour 2013 d’un nouveau GIP renouvelé et amélioré.

Compte tenu de l’urgence de la situation, nous comptons sur votre diligence
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre respectueuse salutation.


Les membres élus du collège radio du Conseil d’administration de l’EPRA,
Radio Clapas, Radio Campus Dijon, Radio Zinzine, Radio Grésivaudan, Radio Trait d’Union, Radio Oxygène,
Radio Radio

Pour la CNRA, Luc Magrina, Membre du bureau national 

Pour le SNRL, Patrice Berger, Délégué national à la lutte contre les discrimination


ZOOM



Radio D’WA : à Die, la FM a la pèche !



Elle diffuse sur la FM depuis deux mois seulement, mais elle s’est développée sur le web depuis juillet 2010. Ses ondes dynamisent désormais les contrées dioises et la vallée de la Drôme de programmes remarquables et novateurs. La jeune radio R-DWA, à seulement quelques mois, a déjà tout d’une grande !

« C’est en train de décoller vitesse grand V ! » s’enthousiasme Louis Bertrand, salarié de radio R-DWA, à Die dans la Drôme. Un enthousiasme qui ne manque pas depuis le commencement de ce projet de radio associative, qu’il porte avec Baptiste Lefort pour donner à ce riche territoire de la vallée de la Drôme un média associatif à la hauteur de son dynamisme citoyen et culturel.

Plus d’une vingtaine d’émissions hebdomadaires, musicales ou thématiques alimentent une grille de programmes qui ferait pâlir plus d’une radio « historique ». Une équipe de plus d’une trentaine de bénévoles, contributeurs réguliers. Un salarié pour l’instant, mais bientôt un second, puis un troisième. Radio R-DWA montre pour ses débuts un exemple de développement fort réussi.

Cette réussite repose beaucoup sur le contenu : retour aux sources des radios associatives, R-DWA attache une grande importance à la diversité musicale et diffuse une douzaine d’émissions abordant des styles différents. Mais la musique n’est pas tout, informations, actualités, littérature, économie sociale et solidaire, écologie et même création radiophonique sont à l’honneur dans une dizaine d’autres émissions.

Reportages, interviews ponctuent cette grille tandis qu’elle s’enrichit encore d’échanges de programmes avec les radios régionales, et notamment la voisine Radio Saint Ferréol, mais aussi nationales. Une tribune d’informations communales est confiée à la Ville de Die, symbole des partenariats locaux que R-DWA tisse peu à peu. Des projets devraient notamment bientôt voir le jour avec le Parc Naturel du Vercors et la « Bio vallée ».

R-DWA est une radio née d’un projet associatif très solide. Expérimentée d’abord pendant plus d’un an comme web radio, elle a su construire un projet radiophonique pertinent au service d’un territoire riche de culture et d’initiatives citoyennes. Et cette expérience n’est pas sans avantages : « Nous sommes à la pointe de la technologie, car nous nous sommes d’abord développés comme web radio, explique Louis Bertrand. Sur notre site, chaque contenu est associé à une page. Chaque contributeur est autonome, il gère à la fois son émission et sa page internet. Grâce à internet, nous avons une écoute internationale, jusqu’en Chine ou aux Etats-Unis ! »

Pour écouter Radio R-DWA :

Sur la FM : 107,5 FM sur la région de Die (26)

Sur internet : http://www.rdwa.fr/

(photo : R-DWA)

Samedi 21 janvier 2012, toute l’équipe de R-DWA fêtait son entrée sur la bande FM en produisant une matinée de direct sur le marché de Die.

A cette occasion, plusieurs associations, élus, musiciens et curieux ont été invités à prendre l’antenne.


Depuis fin novembre 2011, neuf nouveaux projets de radios associatives ont vu le jour sur la bande FM rhônalpine.

La CRANC-RA leur souhaite à tous une année pleine de réussite radiophonique.



AGENDA


Quelques dates à retenir...

5, 6, 7 février : Salon Le Radio à Paris
Avec la participation de la Confédération Nationale des Radios Associatives et du Syndicat National des Radios Libres.
Infos : http://www.le-radio.com/

10 février : 30 ans des radios libres à Chessy-les-Mines avec Radio Calade
A 20h30, salle des fêtes de Chessy-les-Mines (69380)

11 février : réunion d’information sur le FSER
A Bourgoin-Jallieu, salle banalisée, boulevard de Champaret
Réunion annuelle de préparation du dossier FSER pour tous les adhérents de la CRANC-RA.


Documents joints

1er février 2012
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